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Une recherche plurielle autour de l’autoportrait,

avec Julien Benard, Manon Escoffier, Fábio De Sá, Camille Rouzet, François Lurquin, Barbara Fougnon

Exposition à l’Atelier du Poisson qui vole en octobre 2026

Crédits photo: Julien Benard

La question qui m’a animée en premier est: Qu’est-ce qu’un portrait ?

C’est-à dire : Comment peut-on produire une image qui prétend représenter une personne ?

J’y vois une impossibilité : à cause de l’impermanence, de la subjectivité, et surtout de la tension fondamentale entre se percevoir et être perçu·e.

Le sujet du portrait, tout autant que l’auteur·ice, sont en transformation permanente : iels changent d’état et d’apparence, varient dans leur manière de percevoir et dans la façon d’exprimer ces perceptions.

A première vue, l’exercice de l’autoportrait tend à résoudre une partie du problème, en abolissant la dichotomie entre regardeur·euse et regardé·e, s’agissant d’une même personne.

Prenons-donc ce point de départ, et pour lui donner vie, initions une conversation qui multiplie les prismes !

Six artistes ont accepté de partir en exploration et viennent ici partager leur expérience.

Merci à elleux pour leur courage !

B.F.

Julien Benard, Avis de recherche

https://hanslucas.com/jbenard/photo

https://www.instagram.com/julienbenardphotographe/

Manon Escoffier, Evanouir ses visages

https://www.instagram.com/manmaon_art/

Fábio De Sá, Rega-flor, Voir, Le Se Ment, Eveil Minéral

https://fabiodesa.com/

https://www.instagram.com/fabiodesadesign/

Camille Rouzet, Maturité

https://www.atelier-vitrail-mille-morceaux.fr/

https://www.instagram.com/camrouzet/

François Lurquin, Autoporté

https://www.instagram.com/francoislurquin/

Barbara Fougnon

Miroir certains jours, Crayon de couleur sur papiers, Août- septembre 2026

Soi-disant autoportraits, Technique mixte sur papier, 2025/2026

Si l’autoportrait se définit comme une image de soi-même qui soit capable de nous représenter, alors il s’agit à mes yeux d’une impossibilité cognitive.

Une image est figée et nous sommes évolutif·ves, une image est plate et nous sommes multidimensionnel·les, une image vient d’un point de vue unique à un moment donné, nous existons dans le temps et dans l’espace, une image est unique et nous sommes multiples et variables, une image est un objet visuel et nous sommes une complexité sensorielle infinie.

J’ai donc amorcé mes recherches en acceptant le caractère insaisissable de leur sujet, et en formant des tentatives de contournement à géométrie variable.

Je vous propose un état des lieux de ces travaux, par définitions inachevés.

Dans la série des soi-disant autoportraits, je me propose un exercice quotidien dans des petits carnets. Ces dessins sont réalisés sur plusieurs périodes entre février 2025 et avant-hier.

J’utilise une fois encore la déclinaison pour parler des variations.

L’autoportrait est un prétexte qui fournit un cadre formel : réaliser un dessin par jour avec un objet prédéfini (une personne qui pourrait être moi).

Ce cadre finit par libérer le dessin de son sujet : assez vite je ne cherche plus obligatoirement à me représenter ou même à traduire un ressenti, j’abandonne l’introspection consciente et encore plus le portrait physique. Je laisse venir : le dessin spontané, un peu vite fait, n’est-il pas une chose des plus intimes ?

En même temps, l’exercice de la variation abolit la pesanteur de « devoir représenter », il autorise la spontanéité et la légèreté: le dessin du jour n’engage que dans l’instant où il est réalisé, car demain j’en recommencerai un nouveau.

Dans Miroir certains jours, je réalise un autoportrait au miroir par petits morceaux, sur une période de plusieurs mois et à différents moments de la journée, sur différents papiers. J’essaie de retrouver un certaine technique dans le dessin, avec plus ou moins de succès. Les variations de lumière modifient la vision. Je peine à retrouver la même pose à chaque fois. Etc..

Les parties forment un ensemble approximatif et incomplet. Elles coïncident plus au moins, et sont assemblées de manière temporaire.

Dans mes deux propositions pour AUTOPORTÉ·E·S, l’idée d’une image unique à disparu, tout comme l’idée de fixer un instant pour le sanctuariser.

J’épouse les principes d’inachevé, de partiel, de multiplicité, et d’élasticité temporelle, pour une approche plutôt ludique, et des propositions qui sont tout sauf gravées dans le marbre.